Archive pour la catégorie '2) Auteurs/ leurs oeuvres'

Le dormeur du val

Le dormeur du val dans Arthur Rimbaud 1047205506

C’est un trou de verdure où chante une rivière

Accrochant follement aux herbes des haillons

D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,

Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,

Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,

Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,

Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme

Sourirait un enfant malade, il fait un somme :

Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;

Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,

Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Octobre 1870.

Publié dans:Arthur Rimbaud |on 8 février, 2008 |Pas de commentaires »

L’expiation I (V.Hugo)

L'expiation I (V.Hugo) dans Victor Hugo Krasnoi

Il neigeait. On était vaincu par sa conquête.

Pour la première fois l’aigle baissait la tête.

Sombres jours ! l’empereur revenait lentement,

Laissant brûler derrière lui Moscou fumant.

Il neigeait. L’âpre hiver fondait en avalanche.

Après la plaine blanche une autre plaine blanche.

On ne connaissait plus les chefs ne le drapeau.

Hier la grande armée, et maintenant troupeau.

On ne distinguait plus les ailes ni le centre.

Il neigeait. Les blessés s’abritaient dans le ventre

Des chevaux morts ; au seuil des bivouacs désolés

On voyait des clairons à leur poste gelés,

Restés debout, en selle et muets, blancs de givre,

Collant leur bouche en pierre aux trompettes de cuivre.

Boulets, mitraille, obus, mêlés aux flocons blancs,

Pleuvaient ; les grenadiers, surpris d’être tremblants,

Marchaient pensifs, la glace à leur moustache grise.

Il neigeait, il neigeait toujours ! La froide bise

Sifflait ; sur le verglas, dans des lieux inconnus,

On n’avait pas de pain et on allait pieds nus.

Ce n’étaient plus des cœurs vivants, des gens de guerres :

C’était un rêve errant dans la brume, un mystère,

Une procession d’ombres sous le ciel noir.

La solitude vaste, épouvantable à voir,

Partout apparaissait, muette vengeresse.

Le ciel faisait sans bruit avec la neige épaisse

Pour cette immense armée un immense linceul.

Et chacun se sentant mourir, on était seul.

Sortira-t-on jamais de ce funeste empire ?

Deux ennemis ! le csar, le nord. Le nord est pire.

On jetait les canons sans brûler les affûts.

Qui se couchait, mourait. Groupe morne et confus,

Ils fuyaient ; le désert dévorait le cortège.

On pouvait, à des plis qui soulevaient la neige,

Voir que les régiments s’étaient endormis là.

O chutes d’Annibal ! lendemains d’Attila !

Fuyards, blessés, mourants, caissons, brancards, civières,

On s’écrasait aux ponts pour passer les rivières,

On s’endormait dix mille, on se réveillait cent.

Ney, que suivait naguère une armée, à présent

S’évadait, disputant sa montre à trois cosaques.

Toutes les nuits, qui vive ! alerte, assauts ! attaques !

Ces fantômes prenaient leur fusil, et sur eux

Il voyaient se ruer, effrayants, ténébreux,

Avec des cris pareils aux voix de vautours chauves,

D’horribles escadrons, tourbillons d’hommes fauves.

Toute une armée dans la nuit se perdait.

L’empereur était là, debout, qui regardait.

Il était comme un arbre en proie à la cognée.

Sur ce géant, grandeur jusqu’alors épargnée,

Le malheur, bûcheron sinistre, était monté ;

Et lui chêne vivant, par la hache insulté,

Tressaillant sous le spectre aux lugubres revanches,

Il regardait tomber autour de lui ses branches.

Chefs, soldats, tous mouraient. Chacun avait son tour.

Tandis qu’environnant sa tente avec amour,

Voyant son ombre aller et venir sur la toile,

Ceux qui restaient, croyant toujours à son étoile,

Accusaient le destin de lèse-majesté,

Lui se sentit soudain dans l’âme épouvanté.

Stupéfait du désastre et ne sachant que croire,

L’empereur se tourna vers Dieu ; l’homme de gloire

Trembla ; Napoléon comprit qu’il expiait

Quelque chose peut-être, et, livide, inquiet,

Devant ses légions sur la neige semées :

« Est-ce le châtiment, dit-il, Dieu des armées ? »

Alors il s’entendit appeler par son nom

Et quelqu’un qui parlait dans l’ombre lui dit : Non.

Jersey, 30 novembre 1852.

Publié dans:Victor Hugo |on 8 février, 2008 |3 Commentaires »

La fanette (J. Brel)

La fanette (J. Brel) dans 4) Paroles de chansons TORREILLES-DUNE-3778

Nous étions deux amis et Fanette m’aimait
La plage était déserte et dormait sous juillet
Si elles s’en souviennent les vagues vous diront
Combien pour la Fanette j’ai chanté de chansons

Faut dire
Faut dire qu’elle était belle
Comme une perle d’eau
Faut dire qu’elle était belle
Et je ne suis pas beau
Faut dire
Faut dire qu’elle était brune
Tant la dune était blonde
Et tenant l’autre et l’une
Moi je tenais le monde
Faut dire
Faut dire que j’étais fou
De croire à tout cela
Je le croyais à nous
Je la croyais à moi
Faut dire
Qu’on ne nous apprend pas
A se méfier de tout

Nous étions deux amis et Fanette m’aimait
La plage était déserte et mentait sous juillet
Si elles s’en souviennent les vagues vous diront
Comment pour la Fanette s’arrêta la chanson

Faut dire
Faut dire qu’en sortant
D’une vague mourante
Je les vis s’en allant
Comme amant et amante
Faut dire
Faut dire qu’ils ont ri
Quand ils m’ont vu pleurer
Faut dire qu’ils ont chanté
Quand je les ai maudits
Faut dire
Que c’est bien ce jour-là
Qu’ils ont nagé si loin
Qu’ils ont nagé si bien
Qu’on ne les revit pas
Faut dire
Qu’on ne nous apprend pas
Mais parlons d’autre chose

Nous étions deux amis et Fanette l’aimait
La place est déserte et pleure sous juillet
Et le soir quelquefois
Quand les vagues s’arrêtent
J’entends comme une voix
J’entends… c’est la Fanette

J.Brel (1963)

Pour toi la fanette

Publié dans:4) Paroles de chansons, Jacques Brel |on 6 février, 2008 |3 Commentaires »

Merlin au Val de Tromartin

  Merlin au Val de Tromartin  dans Contes d'ici et d'ailleurs merlin 

  

Au Val de Tromartin, on pouvait voir autrefois, avant que ne passe à cet endroit la route de La Baule, un cromlec’h autour d’une fontaine ; en s’approchant, on distinguait nettement sur l’une des pierres qui le formaient, l’empreinte d’un sabot de cheval. C’était le vestige d’une émouvante histoire du temps jadis : la rencontre de Merlin l’enchanteur, prince des bardes et de Cado le moine gallois, du Glamorgan, venu pour le convertir à la foi chrétienne, lui, le devin celtique si renommé. 

C’était au VIe siècle, au temps du roi Arthur, quand les Bretons franchissaient sur leur curraghs de cuir noirci les hautes vagues de la mer pour venir s’installer en douce armorique. Ils y trouvaient un climat plus serein, une terre plus riche qui leur offrait de l’espace pour s’installer, accueillis par leur frères Bretons, un pays où s’il n’y avait pas les Scots, ni Pictes, ni Saxons, ces ennemis de toujours qui avaient tant martyrisé leur île avec leur exactions, leurs pillages et les incendies qu’ils y avaient allumés. 

Parmi eux avait débarqué Merlin, le divin enchanteur, le barde chéri des rois qui prophétisait le destin des peuples et des princes.  Mais maintenant ils fuyaient les cours royales, les fêtes et les festins, il s’était réfugié dans le Val de Tromartin avec sa harpe, l’esprit obscurci par les nuages de la folie. 

Il avait été trop affecté par la perte de ses fidèles compagnons à la bataille d’Arderyd et surtout par la mort de son meilleur ami Gwendoleu, pour pouvoir surmonter ce rude arrachement. Aussi restait-il là, caché, devenu un véritable homme des bois, se protégeant de la pluie sous les chênes avant de s’être construit une rudimentaire cabane de branchages ; il buvait l’eau de la source, mangeait le cresson qui poussait autour de la  fontaine, des fruits sauvages, des baies vermeilles, des pommes rutilantes et l’herbe d’or qui arrachait nu-pieds, après avoir tracé un cercle à l’entour. 

Ce jour il se joignait aux bandes d’animaux sauvages, des biches et des cerfs qui venaient brouter l’herbe jusque devant son gîte, sans être effarouchés. Parfois, plus rapide que le vent, il les précédait et les guidait dans leurs courses ou alors il les suivait, traçant lentement dans l’espace des cercles mystérieux. La folie s’était emparée peu à peu de lui, mais, s’il avait perdu le contact avec la réalité des hommes, il n’en était que plus proche de la nature et il pouvait toujours percevoir l’avenir dans les sphères mystérieuses et divines qui lui étaient familières. En effet, son génie divinatoire était intact et il savait notamment que les temps étaient proches où bardes et devins des pays celtiques, devenus muets à jamais, allaient devoir s’incliner devant la toute puissance montante du monde chrétien. Sa vois celles d’Aneirin, de Taliesin, de Gwendarc’h allaient se taire dans le monde, il se savait et il attendait celui qui devait venir le voir un jour, prophète de la civilisation nouvelle. 

Mais pour l’heure, il chantait avec les oiseaux, capable de les imiter, merle parmi les merles, alouette parmi les alouettes ; il communiait avec eux et, le matin et le soir, il joignait son chant au leur pour glorifier l’aurore et le printemps. Il était souffle du vent dans le vent, feuille d’or dans la branche du chêne, humble violette cachée dans les l’herbe, fleur d’ajonc parmi les ajoncs et même loup parmi les loups. Sa voix se coulait dans les souffles du vent, dans le murmure de la brise, dans le rugissement de la tempête. L’on dit même qu’il pouvait de son chant mélancolique et divinement suave appeler la pluie, le vent et la tempête ou les faire s’apaiser. 

Parfois il posait son bâton de houx, s’asseyait sur un rocher moussu et prenait en mains sa harpe qui ne la quittait jamais, sa harpe tenue par quatre chaînes d’or fin ; il émettait des sons mystérieux, fantastiques et sauvages, comme une étrange mélodie aux tonalités multiples ; alors, de tous les coins de la forêt, accouraient tous les animaux sauvages, aussi bien les oiseaux que les cerfs et les biches, les lièvres et les lapins, les sangliers et les marcassins et aussi les loups. Tous, sans exception, faisaient cercle autour de lui, le renard à côté du lapin, le loup en face de la biche, leurs instincts sauvages assoupis, endormis par la vois divine et enchanteresse du barde ; alors Merlin chantait, chantait longtemps, des heures durant, ses divines mélodies jusqu’à ce que le soleil ait disparu à l’horizon enflammé. Les notes s’élevaient, tournoyaient dans la forêt comme autant de feuilles d’or scintillantes ; la nature autour de lui peu à peu prenait vie, les fleurs s’animaient, les arbres et les feuilles n’étaient plus figés dans leur immobilité naturelle, un mouvement lent s’emparait de la nature toute entière entrée en transe aux sons divins.

Les animaux couchés à ses pieds le regardaient, entraînés eux aussi vers d’autres espaces, dans des mondes inconnus du simple mortel. Depuis Orphée et sa harpe merveilleuse, nul être au monde n’avait pu, enchanteur divin, tenir ainsi la nature sous son charme ; malgré sa folie il était bien toujours le prince des enchanteurs, le divin musicien et poète, messager des dieux, immergé au cœur même de la création, capable de transformer le monde animal et végétal. D’ailleurs, ne dit-on pas qu’il se métamorphosait en cerf le matin, en loup à midi et en chêne le soir ? 

Publié dans:Contes d'ici et d'ailleurs |on 4 février, 2008 |Pas de commentaires »

J. Brel, sa vie

J. Brel, sa vie dans Jacques Brel brelll Le « galérien des galas » abandonne sa carrière au sommet de sa gloire en 1966. Le Grand Jacques enflammait les salles, habitait ses personnages, gesticulait, suait. Ses spectacles étaient de véritables marathons. Rarement un chanteur aura exprimé ses rages et ses passions avec autant de sincérité et de gravité que Jacques Brel. C’est en Belgique, dans la banlieue de Bruxelles à Schaerbeek, que naît le 8 avril 1929, la personnalité la plus volcanique de la chanson francophone, Jacques Romain Georges Brel. Son père, Romain, dirige une usine d’emballage. Avec son frère, Pierre, de 6 ans son aîné, Jacques connaît une éducation austère entre collège catholique et scoutisme. A 16 ans, il crée une troupe de théâtre avec quelques copains et écrit lui-même des pièces.

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Publié dans:Jacques Brel |on 25 janvier, 2008 |4 Commentaires »

Barbara, une enfance déchirée

Barbara, une enfance déchirée dans Barbara barbara

Monique Serf naît à Paris le 9 juin 1930, deuxième enfant d’une famille de quatre, originaire d’Alsace par son père et de Russie par sa mère. D’origine juive, la famille Serf est obligée de fuir l’envahisseur allemand pendant la guerre. Elle se cache dans différents hôtels de la capitale, puis à St-Marcellin dans l’Isère. La libération les voit s’installer au Vesinet, dans les Yvelines.On sait peu de choses sur l’enfance de Barbara. La parution de ses mémoires en 1998 révèlera une enfance troublée par l’inceste et l’abandon de son père.

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Publié dans:Barbara |on 25 janvier, 2008 |Pas de commentaires »

L’aigle noir (Barbara)

L'aigle noir (Barbara) dans 4) Paroles de chansons damebrune

Un beau jour, ou peut-être une nuit,
Près d’un lac je m’étais endormie,
Quand soudain, semblant crever le ciel,
Et venant de nulle part,
Surgit un aigle noir,

Lentement, les ailes déployées,
Lentement, je le vis tournoyer,
Près de moi, dans un bruissement d’ailes,
Comme tombé du ciel,
L’oiseau vint se poser,

Il avait les yeux couleur rubis,
Et des plumes couleur de la nuit,
A son front brillant de mille feux,
L’oiseau roi couronné,
Portait un diamant bleu,

De son bec il a touché ma joue,
Dans ma main il a glissé son cou,
C’est alors que je l’ai reconnu,
Surgissant du passé,
Il m’était revenu,

Dis l’oiseau, ô dis, emmène-moi,
Retournons au pays d’autrefois,
Comme avant, dans mes rêves d’enfant,
Pour cueillir en tremblant,
Des étoiles, des étoiles,

Comme avant, dans mes rêves d’enfant,
Comme avant, sur un nuage blanc,
Comme avant, allumer le soleil,
Etre faiseur de pluie,
Et faire des merveilles,

L’aigle noir dans un bruissement d’ailes,
Prit son vol pour regagner le ciel,

Quatre plumes couleur de la nuit
Une larme ou peut-être un rubis
J’avais froid, il ne me restait rien
L’oiseau m’avait laissée
Seule avec mon chagrin

Un beau jour, ou peut-être une nuit,
Près d’un lac, je m’étais endormie,
Quand soudain, semblant crever le ciel,
Et venant de nulle part,
Surgit un aigle noir,

Un beau jour, une nuit,
Près d’un lac, endormie,
Quand soudain,
Il venait de nulle part,
Il surgit, l’aigle noir…

Publié dans:4) Paroles de chansons, Barbara |on 25 janvier, 2008 |3 Commentaires »

Ne me quitte pas (J. Brel)

Ne me quitte pas (J. Brel) dans 4) Paroles de chansons geestrijkeen

Ne me quitte pas
Il faut oublier
Tout peut s’oublier
Qui s’enfuit déjà
Oublier le temps
Des malentendus
Et le temps perdu
A savoir comment
Oublier ces heures
Qui tuaient parfois
A coups de pourquoi
Le cœur du bonheur
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Moi je t’offrirai
Des perles de pluie
Venues de pays
Où il ne pleut pas
Je creuserai la terre
Jusqu’après ma mort
Pour couvrir ton corps
D’or et de lumière
Je ferai un domaine
Où l’amour sera roi
Où l’amour sera loi
Où tu seras reine
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Je t’inventerai
Des mots insensés
Que tu comprendras
Je te parlerai
De ces amants-là
Qui ont vu deux fois
Leurs cœurs s’embraser
Je te raconterai
L’histoire de ce roi
Mort de n’avoir pas
Pu te rencontrer
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
On a vu souvent
Rejaillir le feu
D’un ancien volcan
Qu’on croyait trop vieux
Il est paraît-il
Des terres brûlées
Donnant plus de blé
Qu’un meilleur avril
Et quand vient le soir
Pour qu’un ciel flamboie
Le rouge et le noir
Ne s’épousent-ils pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Ne me quitte pas
Je ne vais plus pleurer
Je ne vais plus parler
Je me cacherai là
A te regarder
Danser et sourire
Et à t’écouter
Chanter et puis rire
Laisse-moi devenir
L’ombre de ton ombre
L’ombre de ta main
L’ombre de ton chien
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas.

Jacques Brel (1959)

http://www.youtube.com/watch?v=bJIZu37Hfr0

Publié dans:4) Paroles de chansons, Jacques Brel |on 25 janvier, 2008 |5 Commentaires »

Ma bohème

Ma bohème dans Arthur Rimbaud lac-montagne_chemin

« Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées
Mon patelot aussi devenait idéal;
jallais sous le ciel, Muse! et j’étais ton féal;
Oh! là!là! que d’amours splendides j’ai rêvées!

Mon unique culotte avait un large trou.
Petit-pouceur rêveur, jégrenais dans ma course
Des rimes. mon auberge était à la grande-ourse
Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et si je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur! »

Publié dans:Arthur Rimbaud |on 25 janvier, 2008 |Pas de commentaires »

A.Rimbaud

A.Rimbaud dans Arthur Rimbaud rimbaud

 

Il nait à Charlesville le 20oct 1854  meurt à Marseille le 10 nov 1891(à 37ans).

Dès son enfance, il étonne ses maîtres par son intelligence brillante, et ses dons pour l’étude, mais aussi son caractère fantasque et instable. Lui qui se lie avec les gamins de la rue, au grand dam de sa mère (le père a quitté le domicile conjugal) est capable à 14ans de rédiger en latin un poème de 60vers envoyé au fils de napoléon III. La guerre de 1870 le rend, lui le fils du capitaine qui a conquis l’Algérie dans les armées de Bugeaud, antimilitariste.

Commencent les premières fugues, et la rédaction de fulgurants poèmes. L’élève de rhétorique, promis à un avenir universitaire entre en pleine révolte, vit comme un voyou, écrit « mort à dieu » sur les murs.

En sept 71, il rencontre Verlaine, lequel à 26ans, vient de renoncer à ses débauches et se marier. Verlaine qui a lu ses poèmes,  lui a envoyé de l’argent pour faire le voyage jusqu’a Paris. Leur liaison tumultueuse fait scandale dans les cafés parisiens où A.R, ivre comme Verlaine, qui a commencé à boire et a quitté le domicile conjugal, insulte les écrivains et lève son verre aux victimes de la Commune. Ils partent en Belgique puis à Londres.

(suite prochainement)

Publié dans:Arthur Rimbaud |on 25 janvier, 2008 |Pas de commentaires »
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