Archive pour la catégorie '2) Auteurs/ leurs oeuvres'

Toi et moi (Tryo)

Toi et moi (Tryo) dans 4) Paroles de chansons BUSHArmyinIRAQ2_jpg

Ce matin, 3000 licenciés, grève des sapeurs pompiers,
Embouteillage et pollution pour paris agglomération.
Ce matin, l’Abbé Pierre est mort, on l’enterre sur TF1,
2 clochards retrouvés morts près du canal St Martin.
Ce matin, le CAC va de l’avant, 2 soldats de moins pour l’occident,
10 civiles de tués à Bagdad dans les bras sanglants des Giads.

Toi et moi, dans tout ça, on n’apparait pas,
On se contente d’être là, on s’aime et puis voilà on s’aime.

Ce matin, menace de grippe aviaire, trop de fascisme en Baviaire,
L’Iran travaille au nucléaire et Areva squatte le Niger.
Ce matin, rapport sur le climat, il ne survivrait que les rats,
Fonte des glaces en Alaska et grosses chaleurs en Angola.

Toi et moi, dans tout ça, on n’apparait pas,
On se contente d’être là, on s’aime et puis voilà on s’aime.
Toi et moi dans le temps, au milieu de nos enfants,
Plus personne, plus de gens,

Plus de vent, on s’aime

Ce matin

Ce matin, pendaison de Saddam, l’ONU crie au scandale,
Le Tibet se meurt sous les balles, d’une Chine qui fait son capital.

Toi et moi, dans tout ça, on n’apparait pas,
On se contente d’être là, on s’aime et puis voilà on s’aime.
Toi et moi dans le temps, au milieu de nos enfants,
Plus personne, tourte.org plus de gens,
Plus de vent, on s’aime

Ce matin, il fait presque beau, ça tombe bien je me suis levé tôt
Avec le coq et les oiseaux sans journaux et sans météo.
Ce matin, j’attaque un autre jour,
Avec toi mon amour cette journée durera toujours
On n’en fera jamais le tour

Toi et moi, dans tout ça, on n’apparait pas,
On se contente d’être là, on s’aime et puis voilà on s’aime.
Toi et moi dans le temps, au milieu de nos enfants,
Plus personne, plus de gens,
Plus de vent, on s’aime.

Publié dans:4) Paroles de chansons, Tryo |on 22 novembre, 2008 |2 Commentaires »

Le plat Pays

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Le plat pays


Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague

Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues

Et de vagues rochers que les marées dépassent

Et qui ont à jamais le cœur à marée basse

Avec infiniment de brumes à venir

Avec le vent de l’est écoutez-le tenir

Le plat pays qui est le mien

Avec des cathédrales pour uniques montagnes

Et de noirs clochers comme mâts de cocagne

Où des diables en pierre décrochent les nuages

Avec le fil des jours pour unique voyage

Et des chemins de pluie pour unique bonsoir

Avec le vent d’ouest écoutez-le vouloir

Le plat pays qui est le mien

Avec un ciel si bas qu’un canal s’est perdu

Avec un ciel si bas qu’il fait l’humilité

Avec un ciel si gris qu’un canal s’est pendu

Avec un ciel si gris qu’il faut lui pardonner

Avec le vent du nord qui vient s’écarteler

Avec le vent du nord écoutez-le craquer

Le plat pays qui est le mien

Avec de l’Italie qui descendrait l’Escaut

Avec Frida la Blonde quand elle devient Margot

Quand les fils de novembre nous reviennent en mai

Quand la plaine est fumante et tremble sous juillet

Quand le vent est au rire quand le vent est au blé

Quand le vent est au sud écoutez-le chanter

Le plat pays qui est le mien

Publié dans:Jacques Brel |on 22 octobre, 2008 |4 Commentaires »

L’albatros (Baudelaire)

L'albatros (Baudelaire) dans Charles Baudelaire albatros_a_sourcils_noirs_en_vol

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

À peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
15 Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

Baudelaire. Les fleurs du mal

Publié dans:Charles Baudelaire |on 18 mai, 2008 |Pas de commentaires »

Toucher l’instant (Grand Corps Malade)

Toucher l'instant (Grand Corps Malade) dans Grand corps malade Ma%EEtre-de-Poesie-r1

On a trempé notre plume dans notre envie de changer de vision
De prendre une route parallèle, comme une furtive évasion
On a trempé notre plume et est-ce vraiment une hérésie
De se dire qu’on assume et qu’on écrit de la poésie
Il existe paraît-il, un instant dans l’écriture
Qui oublie la page blanche et efface les ratures
Un véritable état second, une espèce de transe
Qui apparaît mystérieusement et s’envole en silence
Que l’on rape ou que l’on slame, on recherche ce moment
Il allume une flamme qui nous éclaire brièvement
Cette flamme est la preuve, laisse moi t’en faire une démo
Qu’il est possible de combattre le mal par les mots
C’est tout sauf une légende, on espère juste toucher l’instant
Les quelques secondes du poète qui échappent à l’espace-temps
Les moment rares et irréels que la quiétude inonde
Rouda, n’oublie jamais notre parole du bout du monde
On ressent comme une coupure dans la vie, comme un rêve
On oublie les coups durs de la vie, comme une trêve
C’est un phénomène puissant, je ne te parle pas d’inspiration
Mais d’un souffle plus profond comme une seconde respiration
On voit et on entend l’encre devenir vivante
On goûte et on sent la saveur d’une rime errante
On touche du doigt l’instant qui nous enveloppe de sa puissance
C’est sans cesse la renaissance de l’essence même de nos cinq sens
C’est le moment où on passe de l’autre côté des paysages
On sympathise avec le vent et on tutoie les nuages
Il fait jour en pleine nuit et il fait nuit en plein jour
Profite de cet instant, il ne durera pas toujours
C’est tout sauf une légende, on espère juste toucher l’instant
Les quelques secondes du poète qui échappent à l’espace-temps
Le moment où le voile se lève et la magie s’élance
Là où j’ai croisé Souleymane au bout du sixième silence
Si on a pas atteint le Nirvana, on doit en être au seuil
Pourtant je suis simplement assis là devant ma feuille
Peut-être que cet instant n’existe que dans mon esprit
Et que je suis complètement mythomane lorsque j’écris
Mais laisse moi mon stylo, y’a pas moyen que je m’arrête
J’ai une envie d’écrire comme t’as une envie de cigarette
Et pour m’enlever ce désir je te demanderais de repasser
Car tant que je pourrais écrire je continuerai de penser
Que c’est tout sauf une légende, on espère juste toucher l’instant
Les quelques secondes du poète qui échappent à l’espace-temps
Les moments que l’on redécouvre, que l’on connaît plus ou moins
Tu l’as déjà touché Jacky, j’en suis témoin
On a trempé notre plume dans notre envie de changer de vision
De prendre une route parallèle, comme une furtive évasion
On a trempé notre plume et est-ce vraiment une hérésie
De se dire qu’on assume et qu’on écrit de la poésie.

Publié dans:Grand corps malade |on 17 mai, 2008 |Pas de commentaires »

Le bateau ivre (Arthur Rimbaud)

Le bateau ivre (Arthur Rimbaud) dans Arthur Rimbaud f0000m780703b

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus tiré par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J’étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands et de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages
Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l’autre hiver, plus sourd que les cerveaux d’enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N’ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu’un bouchon j’ai dansé sur les flots
Qu’on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l’oeil niais des falots !

Plus douce qu’aux enfants la chair des pommes sûres,
L’eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d’astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l’alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l’amour !

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : Je sais le soir,
L’aube exaltée ainsi qu’un peuple de colombes,
Et j’ai vu quelques fois ce que l’homme a cru voir !

J’ai vu le soleil bas, taché d’horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très-antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

J’ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes
Et l’éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

J’ai suivi, des mois pleins, pareilles aux vacheries
Hystériques, la houle à l’assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

J’ai heurté, savez-vous, d’incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux des panthères à peaux
D’hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l’horizon des mers, à de glauques troupeaux !

J’ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulement d’eau au milieu des bonacees,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !

Glaciers, soleils d’argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés de punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

J’aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d’or, ces poissons chantants.
- Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d’ineffables vents m’ont ailé par instant.

Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d’ombres aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu’une femme à genoux…

Presque île, balottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d’oiseaux clabotteurs aux yeux blonds.
Et je voguais lorsqu’à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir à reculons !

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l’ouragan dans l’éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N’auraient pas repéché la carcasse ivre d’eau ;

Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d’azur ;

Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient couler à coups de trique
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l’Europe aux anciens parapets !

J’ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fond que tu dors et t’exiles,
Million d’oiseaux d’or, ô future vigueur ? –

Mais, vrai, j’ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L’âcre amour m’a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j’aille à la mer !

Si je désire une eau d’Europe, c’est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesses, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leurs sillages aux porteurs de cotons,
Ni traverser l’orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

Arthur Rimbaud

Publié dans:Arthur Rimbaud |on 15 mai, 2008 |1 Commentaire »

Ma solitude (Georges Moustaki)

Ma solitude (Georges Moustaki) dans Georges Moustaki solitude

Pour avoir si souvent dormi
Avec ma solitude
Je m’en suis fait presqu’une amie
Une douce habitude
Ell’ ne me quitte pas d’un pas
Fidèle comme une ombre
Elle m’a suivi ça et là
Aux quatre coins du monde
Non, je ne suis jamais seul
Avec ma solitude

Quand elle est au creux de mon lit
Elle prend toute la place
Et nous passons de longues nuits
Tous les deux face à face
Je ne sais vraiment pas jusqu’où
Ira cette complice
Faudra-t-il que j’y prenne goût
Ou que je réagisse?

Non, je ne suis jamais seul
Avec ma solitude

Par elle, j’ai autant appris
Que j’ai versé de larmes
Si parfois je la répudie
Jamais elle ne désarme
Et si je préfère l’amour
D’une autre courtisane
Elle sera à mon dernier jour
Ma dernière compagne

Non, je ne suis jamais seul
Avec ma solitude
Non, je ne suis jamais seul
Avec ma solitude


Publié dans:Georges Moustaki |on 8 mai, 2008 |6 Commentaires »

Avec le temps (Léo Ferré)

Avec le temps (Léo Ferré) dans Ange s3ppi6ns

Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
On oublie le visage et l’on oublie la voix
Le cœur, quand ça bat plus, c’est pas la peine d’aller
Chercher plus loin, faut laisser faire et c’est très bien

Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
L’autre qu’on adorait, qu’on cherchait sous la pluie
L’autre qu’on devinait au détour d’un regard
Entre les mots, entre les lignes et sous le fard
D’un serment maquillé qui s’en va faire sa nuit
Avec le temps tout s’évanouit

Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
Même les plus chouettes souv’nirs ça t’as une de ces gueules
A la gal’rie j’farfouille dans les rayons d’la mort
Le samedi soir quand la tendresse s’en va toute seule

Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
L’autre à qui l’on croyait pour un rhume, pour un rien
L’autre à qui l’on donnait du vent et des bijoux
Pour qui l’on eût vendu son âme pour quelques sous
Devant quoi l’on s’traînait comme traînent les chiens
Avec le temps, va, tout va bien

Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
On oublie les passions et l’on oublie les voix
Qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens
Ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid

Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
Et l’on se sent blanchi comme un cheval fourbu
Et l’on se sent glacé dans un lit de hasard
Et l’on se sent tout seul peut-être mais peinard
Et l’on se sent floué par les années perdues
Alors vraiment… avec le temps… on n’aime plus

Publié dans:Ange, Leo Ferre |on 8 mai, 2008 |4 Commentaires »

Je suis venu te dire que je m’en vais (Serge Gainsbourg)

Je suis venu te dire que je m'en vais (Serge Gainsbourg) dans Serge Gainsbourg dzf62cre

Je suis venu te dir’que je m’en vais
et tes larmes n’y pourront rien changer
comm’dit si bien Verlaine « au vent mauvais »
je suis venu te dir’que je m’en vais
tu t’souviens des jours anciens et tu pleures
tu suffoques, tu blémis à présent qu’a sonné l’heure
des adieux à jamais
oui je suis au regret
d’te dir’que je m’en vais
oui je t’aimais, oui, mais- je suis venu te dir’que je m’en vais
tes sanglots longs n’y pourront rien changer
comm’dit si bien Verlaine « au vent mauvais »
je suis venu d’te dir’que je m’en vais
tu t’souviens des jours heureux et tu pleures
tu sanglotes, tu gémis à présent qu’a sonné l’heure
des adieux à jamais
oui je suis au regret
d’te dir’que je m’en vais
car tu m’en as trop fait- je suis venu te dir’que je m’en vais
et tes larmes n’y pourront rien changer
comm’dit si bien Verlaine « au vent mauvais »
tu t’souviens des jours anciens et tu pleures
tu suffoques, tu blémis à présent qu’a sonné l’heure
des adieux à jamais
oui je suis au regret
d’te dir’que je m’en vais
oui je t’aimais, oui, mais- je suis venu te dir’que je m’en vais
tes sanglots longs n’y pourront rien changer
comm’dit si bien Verlaine « au vent mauvais »
je suis venu d’te dir’que je m’en vais
tu t’souviens des jours heureux et tu pleures
tu sanglotes, tu gémis à présent qu’a sonné l’heure
des adieux à jamais
oui je suis au regret
d’te dir’que je m’en vais
car tu m’en as trop fait

Publié dans:Serge Gainsbourg |on 8 mai, 2008 |3 Commentaires »

Le chat (2) (Baudelaire)

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I

Dans ma cervelle se promène
Ainsi qu’en son appartement,
Un beau chat, fort, doux et charmant.
Quand il miaule, on l’entend à peine,

Tant son timbre est tendre et discret ;
Mais que sa voix s’apaise ou gronde,
Elle est toujours riche et profonde.
C’est là son charme et son secret.
Cette voix, qui perle et qui filtre
Dans mon fonds le plus ténébreux,
Me remplit comme un vers nombreux
Et me réjouit comme un philtre.

Elle endort les plus cruels maux
Et contient toutes les extases ;
Pour dire les plus longues phrases,
Elle n’a pas besoin de mots.

Non, il n’est pas d’archet qui morde
Sur mon coeur, parfait instrument,
Et fasse plus royalement
Chanter sa plus vibrante corde,

Que ta voix, chat mystérieux,
Chat séraphique, chat étrange,
En qui tout est, comme en un ange,
Aussi subtil qu’harmonieux !

II

De sa fourrure blonde et brune
Sort un parfum si doux, qu’un soir
J’en fus embaumé, pour l’avoir
Caressée une fois, rien qu’une.

C’est l’esprit familier du lieu ;
Il juge, il préside, il inspire
Toutes choses dans son empire ;
Peut-être est-il fée, est-il dieu ?

Quand mes yeux, vers ce chat que j’aime
Tirés comme par un aimant
Se retournent docilement
Et que je regarde en moi-même

Je vois avec étonnement
Le feu de ses prunelles pâles,
Clairs fanaux, vivantes opales,
Qui me contemplent fixement.

Publié dans:Charles Baudelaire, Chats |on 8 mai, 2008 |2 Commentaires »

Le chat (1) (Baudelaire)

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Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux ;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d’agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s’enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,

Je vois ma femme en esprit. Son regard,
Comme le tien, aimable bête
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,
Et, des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum
Nagent autour de son corps brun.

Publié dans:Charles Baudelaire, Chats |on 8 mai, 2008 |2 Commentaires »
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