A une passante (Baudelaire)

A une passante (Baudelaire) dans Charles Baudelaire Uneinconnue

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d’une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l’ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l’ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair… puis la nuit ! – Fugitive beauté
Dont le regard m’a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ?

Ailleurs, bien loin d’ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais !

Charles Baudelaire (1821-1867). Les fleurs du mal 

Publié dans : Charles Baudelaire |le 5 mai, 2008 |2 Commentaires »

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2 Commentaires Commenter.

  1. le 5 mai, 2008 à 18:32 chefpetasse écrit:

    que de réalité dans ces textes de Baudelaire et que de beauté

  2. le 18 novembre, 2010 à 17:30 horoscope écrit:

    J’aime pas spécialemnt la poésie d’habitude mais si on m’avait dit ce matin en me levant que j’aimerais lire un poème, j’en aurais rien crut!
    Il faut dire que Baudelaire…
    Marie.
    :-)

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